Réponse rapide : vous pouvez changer d’assurance emprunteur à tout moment et sans frais depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine. Le nouveau contrat doit cependant respecter les garanties minimales exigées par la banque. Avant de remplacer votre assurance, comparez l’équivalence des garanties, les quotités, les exclusions, les délais de franchise et le coût sur la durée restante du prêt.
Le bon réflexe : ne comparez pas seulement une mensualité. Demandez deux tableaux : l’un pour les garanties et l’autre pour le coût total restant jusqu’à la fin du crédit.
Ce que permet la loi Lemoine
Depuis le 1er septembre 2022, tous les emprunteurs peuvent résilier leur assurance de prêt immobilier à tout moment, y compris pour un contrat déjà en cours. La résiliation est sans frais. Vous restez libre de choisir un assureur externe à la banque, mais le contrat de remplacement doit respecter le niveau de garanties qu’elle exige.
La fiche personnalisée remise par la banque précise les critères minimaux attendus. La fiche standardisée d’information aide, elle, à comparer les principales caractéristiques des offres. Ces documents doivent servir de base à votre étude.
Les 7 critères qui changent réellement la protection
| Critère | Ce qu’il faut vérifier | Risque si on l’ignore |
|---|---|---|
| Décès et PTIA | Capital assuré et âge de fin de garantie | Prêt insuffisamment couvert |
| Quotité | Répartition entre coemprunteurs | Reste de dette pour le foyer |
| ITT | Définition de l’incapacité et franchise | Prise en charge tardive ou refusée |
| Invalidité | Barème, seuil et définition professionnelle | Écart entre invalidité médicale et garantie |
| Exclusions | Sports, profession, dos, psychologie, déplacements | Sinistre hors couverture |
| Indemnisation | Forfaitaire ou indemnitaire | Montant versé différent de l’attendu |
| Coût restant | Prime mensuelle et coût jusqu’au terme | Économie apparente mais faible |
Étape 1 : récupérer les documents du prêt
Rassemblez l’offre de prêt, le tableau d’amortissement à jour, les conditions de l’assurance actuelle, la fiche standardisée d’information et la fiche personnalisée. Pour un prêt à deux, notez la quotité de chaque emprunteur. Une couverture de 50/50, 100/100 ou une autre répartition n’a pas les mêmes conséquences en cas de sinistre.
Étape 2 : vérifier l’équivalence des garanties
La banque ne peut pas imposer son propre contrat, mais elle peut refuser une substitution qui ne respecte pas ses critères de garanties. La comparaison doit donc reprendre chaque critère demandé et indiquer où il figure dans le nouveau contrat.
Portez une attention particulière aux définitions. Une incapacité évaluée selon « toute profession » peut être moins favorable qu’une incapacité appréciée au regard de la profession exercée. La franchise de 90 jours peut être adaptée à un salarié disposant d’un maintien de salaire, mais moins à un indépendant qui subit une baisse rapide de revenu.
Étape 3 : calculer l’économie sur la durée restante
Comparez les primes jusqu’à la fin du crédit, pas seulement sur douze mois. Demandez si la cotisation est calculée sur le capital initial ou sur le capital restant dû, et si elle évolue avec l’âge. Ajoutez les éventuelles différences de quotité et de garanties pour obtenir une comparaison loyale.
Étape 4 : organiser la substitution sans rupture
- Obtenir une proposition complète et ses conditions.
- Vérifier l’équivalence avec les exigences de la banque.
- Transmettre la demande de substitution avec les pièces utiles.
- Attendre l’accord et l’avenant correspondant.
- Contrôler les dates de prise d’effet afin d’éviter une double cotisation ou une interruption.
Cas pratique : comparer deux offres sur le même prêt
Imaginez un couple assuré à 100 % sur chaque tête, avec quinze années de crédit restantes. L’offre B affiche une prime mensuelle plus faible que l’offre A. Avant de conclure, il faut vérifier que la quotité reste bien à 100/100, que la franchise d’incapacité n’est pas allongée, que les exclusions liées aux professions et aux sports sont comparables, et que les garanties prennent fin au même âge. Il faut ensuite additionner les primes jusqu’au terme en tenant compte de leur mode d’évolution. Si l’offre B réduit le coût tout en maintenant les critères demandés par la banque et les protections importantes pour le foyer, la substitution devient cohérente. Dans le cas contraire, l’économie affichée peut être trompeuse.
Les erreurs les plus fréquentes
- Comparer le premier mois de cotisation au lieu du coût restant total.
- Modifier involontairement la quotité d’un coemprunteur.
- Confondre incapacité d’exercer sa profession et incapacité d’exercer toute profession.
- Résilier avant d’avoir coordonné la prise d’effet du nouveau contrat.
- Ne pas signaler une activité professionnelle ou sportive pertinente lors de l’étude.
Pour préparer votre échange, consultez aussi les ressources assurance de PS Courtage et le guide consacré aux critères de choix d’un courtier à Saint-Étienne.
Checklist avant d’envoyer la demande
- Capital restant dû et durée restante à jour.
- Quotités identiques ou volontairement ajustées.
- Décès, PTIA, ITT et invalidité comparés ligne par ligne.
- Franchises et exclusions relues.
- Âges de fin de garanties vérifiés.
- Coût total restant calculé pour les deux contrats.
- Date d’effet du nouveau contrat coordonnée avec la banque.
Questions fréquentes
La banque peut-elle augmenter le taux du prêt si je change d’assurance ?
Le ministère de l’Économie précise que la banque ne peut pas modifier les conditions du prêt parce que vous choisissez une assurance externe, sous réserve du respect des garanties exigées.
Changer d’assurance est-il toujours rentable ?
Non. L’intérêt dépend de l’âge, de la santé, de la profession, du capital restant, de la durée et des garanties. Le calcul doit porter sur le coût restant et la qualité de couverture.
Le questionnaire de santé est-il toujours demandé ?
La loi Lemoine l’écarte dans certaines situations, selon la part assurée par personne et l’âge à la fin du crédit. Vérifiez les conditions officielles applicables à votre dossier.
Sources officielles : ministère de l’Économie — changer d’assurance emprunteur et DGCCRF — application de la loi Lemoine.

